Karima à Madagascar

karima

Franchement, ne pas avoir d'ordinateur ne me manque absolument pas. C’est génial ! Ici, à Madagascar, tout ce passe bien. Les jeunes du centre de rééducation et de la prison sont géniaux. Je me régale ! Le seul hic, c'est la langue ! Ils ne parlent quasiment pas le français et moi, je ne sais pas un seul mot de malgache !
Je me faufile facilement dans la masse, mais le grand problème, c'est qu'une femme aux cheveux courts ça ne se voit pas et ne se fait pas, alors, tous les regards sont portés sur moi, et parfois, ce sont des regards méchants ! Ce week-end je suis partie a AMBOUCH vers le sud et on a visité les alentours.

Mon chemin spirituel grandit avec les jeunes. J'adore ce que je vis. Je ne pense pas à la France et rien ne me manque à part vous qui me lisez !

J'entraine les jeunes à la boxe en prison et je peux vous dire que c'est beau parce que c’est un prof de boxe qui est volontaire français qui les dirige et leur apprend à se contrôler et à gérer leur haine et leur violence.
La nourriture est délicieuse et je ne suis pas tombée malade ! Par contre, je me fais manger par les moustiques et c'est horrible !!!

Je suis heureuse de ce que je vis à Madagascar. Les jeunes de la prison et du centre de rééducation m'apportent tellement dans mon être le plus profond.
Je suis plus proche des jeunes qui sont plus agressifs, dans la prison et grâce à la boxe la relation est plus forte et vraie. Une fresque est en train de réaliser à la prison grâce à un volontaire et c'est tellement magnifique ce respect qu'ont les jeunes et l'admiration qu’ils montrent envers ses dessins. Le plus petit du Centre de rééducation jusqu’au plus grand de la prison, me font voir Dieu ! On voit qu'a travers ce corps fort rebelle, il y a un agneau qui cherche juste à être aimé et respecté. L’expression est toujours difficile puisque je ne parle pas encore la malgache, mais comme un sourd qui parle à un autre sourd, il arrive que l’on se comprenne !
Je parle beaucoup avec les mains, le regard et j’apprends beaucoup d'eux.

Jeudi, un jeune est sorti de prison. Il avait purgé sa peine, et il pleurait de nous quitter. Il nous disait qu'il avait beaucoup appris depuis que les volontaires sont là et il ne voulait plus partir.

Hier avec Pauline, une volontaire, nous sommes allées a la messe du père Pedro, et là, je peux vous dire que je n'ai jamais vu une messe comme celle-là ! Ce n’est pas seulement à cause des chants et des danses ! Ces gens sont tellement pauvres, et ils donnent dans les deux quêtes ! Ces femmes qui sentent mauvais, qui sont là avec leurs enfants et qui ont un moment tout spécial pendant la messe pour danser. Ce sont tous ces petits gamins magnifiques qui chantent avec leur cœur, et ce petit prêtre qui leur donne tellement de véritable amour !!! C'était vraiment un moment de grâce !

Les gens sont beaux ici, les enfants m’ensorcellent et m'apportent tellement. Dieu est tellement dans ce pays où la pauvreté est face à nous tout le temps mais où sont présents une joie et un amour de Dieu incroyables.

Un cœur qui se donne aux misérables…je crois que Dieu fait cela avec chacun de nous, mais on peut le vivre aussi pour les personnes qui sont dans la misère, nous pouvons vivre cette rencontre et ce don.
J'avais peur de partir, mais j'ai réalisé en étant ici que l'abandon bien compris est le plus grand de tous les renoncements ! J'ai pu voir durant ces quelques semaines et pu le dire aux jeunes que lorsque qu'on se relève après une chute, c'est la fête de l'enfant prodigue qui se renouvelle. Les fautes doivent rester pour nous, sources d'immense reconnaissance pour le pardon reçu et sources d'une foi sans limite en une miséricorde qui n'en n'a pas. Don Bosco m’a beaucoup aidé et j'ai tellement reçu d'amour ces dernières années que je dois aimer maintenant à mon tour. C'est ce qui se passe en prison et au centre de réeducation. Voilà ce que les jeunes dont je m'occupe m’ont révélé ! La preuve la plus haute de l'amour, c'est de se livrer tout entier en donnant toute sa confiance à celui qu'on aime
!