Guillaume à Madagascar


guillaume

Après deux mois à Madagascar, je peux dire que je me sens assez bien ici et que "la paix est avec moi". Mon moral est bon, même s'il peut être un peu fluctuant. Mais rien de moins normal quand on se retrouve loin de chez soi, avec un pays, une culture, des gens à découvrir. Les débuts sont assez déroutants : on perd tous ses repères et il faut s'en construire de nouveaux. Fini le confort de son chez soi, de l'entourage connu et bienveillant de sa famille et de ses amis, du périmètre connu de sa ville. Ici, tout est à faire et à connaître. Il n'y a pas si logtemps de cela, j'ai eu envie de fuir en courant, mais maintenant la foi et la confiance en Dieu me permettent d'avancer calmement et plutôt sereinement. Ce qui ne veut pas dire que tout est facile.


Je donne des cours de mathématiques aux élèves de 3ème année au centre Don Bosco de Mahajanga (2 classes de 20 élèves, qui ont entre 18 et 23 ans). Je craignais que les élèves ne comprennent pas le français mais ils ont l'air de plutôt bien se débrouiller.

Je suis un cours de guitare, avec un professeur malgache. La guitare est créatrice de lien social. Elle m'a permis de faire connaissance avec les gardiens de nuit du centre, qui viennent parfois discuter avec moi et jouer quelques notes.

Je commence à bien me repérer à Mahajanga et à m'habituer à son atmosphère. La ville est très vivante, avec son marché et ses rues commerçantes, entre lesquelles circulent pousses-pousses, voitures et piétons. La mer n'est pas loin. Le soir, les habitants se retrouvent sur le front de mer pour se promener et profiter de températures plus supportables.

La pauvreté est bien évidemment très présente, mais contrairement à Tananarive, il n'y a pas de mendicité. Je n'ai pas été choqué par le contact avec la pauvreté car je m'y été bien préparé, et puis les médias relayent beaucoup d'images de pays pauvres. Mais ce qui m'a gêné le plus, c'est la poids des regards. L'étranger blanc (le "Vazaha") est observé. Je le savais mais quand même, ce n'est pas très agréable. Après, on prend les choses avec philosophie.Je savais aussi que le Vazaha était synonyme d'argent pour les malgaches. C'est vrai, mais on ne peut pas leur en vouloir. Quand on sait que le salaire quotidien moyen tourne autour d'un euro, n'importe quel européen peut vite être considéré comme fortuné. Après, il faut essayer de ne pas véhiculer cette image.