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Durant notre année de volontariat chez les soeurs salésiennes d'Ivato, nous avons appris l'existence de ce centre de rééducation pénitentiaire et avons découvert avec effroi combien la vie de ces enfants était intolérable. Alors, en accord avec les instances gouvernementales, nous avons commencé nos activités. Nous essayons d'instaurer une présence éducative respectueuse des Droits de l'Enfant au sein d'un centre de l'état qui accueille plus de 80 jeunes de 9 à 18 ans en très grandes difficultés. Certains ont commis des actes de délinquance plus ou moins graves et attendent leur procès, d'autres sont simplement arrivés au centre, suite à des difficultés diverses (abandonnés, orphelins, enfants de la rue...). |
Nous venons maintenant de mettre en place la filière "agriculture" d'une capacité d'accueil de 30 jeunes. Nous sommes très contents d'avoir réussi. L'agriculture permettra aux jeunes d'avoir des légumes pour leur repas. Par ailleurs, ils auront désormais le choix entre l'enseignement général, l'enseignement maçonnerie ou agriculture (toutes deux mises en place par l'association "grandir dignement" crée l'été dernier).
Nous sommes partis entre le 14 et le 24 août avec douze jeunes : douze entre 10 et 14 ans dont six "cas social" et six "cas pénal". Et nous remercions les juges de chacun de ces jeunes de nous avoir autorisé à faire ce camp.
Lors de ce camp, nos jeunes ont été mélangés avec d'autres, car AS Railovy est né d'une fusion entre un ancien club de foot et les jeunes du centre. Au total, il y avait donc 45 personnes, adultes compris, pour représenter AS Railovy lors d'un grand tournoi de foot organisé à Tamatave par "SOS villages d'enfants" et qui a rassemblé 84 équipes venant de tout Madagascar. Ce camp fut réellement propice à la sociabilisation et à la réinsertion des jeunes. Certes, tout ne fut pas simple. Les jeunes du centre font parfois du "foot de rue" alors que les autres jeunes ont une meilleure connaissance des techniques footballistiques. Par ailleurs, leurs partenaires étaient plus grands et plus forts et ce fut l'occasion pour nous de nous apercevoir que les jeunes venant du centre sont en dessous de la taille normale. Mais ils ont joué et même s'ils n'ont pas gagné, ils se sont bien positionnés.
De toute manière, pour nous l'important n'était pas tant le foot que le défi de sortir douze jeunes du centre et surtout de les mélanger à un groupe. Ce fut chose réussie. Bien sûr, au début, il a fallu dialoguer. Car, ce mélange entre un centre reconnu comme accueillant des "zaza madrita" (jeune malsain, méchant, désobéissant) et des jeunes issus de milieux plus classique, ne va pas de soi.

